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30.7.13

Incandescence. Les habits de lumière de Valérie Lang


Sa dernière Nuit de vivante
 C'était une Nuit comme les Autres
Sauf qu'elle Mourait   et cela 
Changeait pour nous l'Aspect des Choses
Nous remarquions les plus menues —
 Auparavant inaperçues
Cette grande clarté sur nos Esprits 
Les mettait  comme en italique.
Comme Nous allions et venions
 Entre sa chambre finale
Et les chambres où ceux qui seraient
Vivants demain étaient, un Blâme 
 A l'idée que les Autres puissent vivre 
Alors que tout était fini pour Elle
Une jalousie dans l'air envers Elle 
Si proche de l'infini 
Nous avons attendu qu'Elle franchisse le pas 
Un moment étroit — Nos âmes 
 Trop bousculées pour parler 
Enfin l'avis est arrivé.

Emily Dickinson*














Valérie Lang nous a quittés dans la nuit du lundi 22 juillet. Elle est passée de l'autre côté, elle qui s'est longtemps tenue sur les bords entre joie et douleur, entre le monde des vivants et le monde des morts. Le lieu même de l'écriture, là où les fantômes se jouent à nous parler. Voleuse de feu, elle est allée jusqu'au bout de son désir sans jamais se retourner.
Inlassablement de sa voix grave et rauque, elle a sondé l'invisible, de sa nudité elle a incarné l'infini du texte, elle a fait transpirer l'opacité poreuse de chacun de ses plis. Par elle quelque chose est advenue, le corps du texte s'est fait chair. 





Liens: Quelque chose va advenir, entretien avec Valérie Lang et Stanislas Nordey, réalisé par Pascale Gateau et  Valérie Valade, septembre 2011,  Théâtre Ouvert, le journal 

Hommage à Valérie Lang, Emissions spéciales, France Culture
Hiroshima mon amour, France info, Valérie Lang parle de son travail sur le texte de Marguerite Duras







*Emily Dickinson, Sa dernière Nuit de vivante, poème lu à haute voix par Françoise Gillard






1, 2  Hiroshi Ota et Valérie Lang dans Hiroshima mon amour de Marguerite Duras, mise en scène de Christine Letailleur, 2009, © Mario Del Curto






10.3.13

L'extase de l'espace. Ernest Pignon Ernest et le renversement des signes




Elle ne paraît que pour se précipiter de nouveau dans un gouffre plus profond. Elle tombe d'abîme en abîme, de précipice en précipice, jusqu'à ce qu'enfin elle tombe dans l'abîme de la mer, où perdant toute figure, elle ne se trouve plus jamais étant devenue la mer même.



Madame de Guyon, citée par Ernest Pignon Ernest*































De la représentation à la présence





Quand le vide devient le lieu du plein, quand l'absent devient la seule présence, quand l'inversion des codes et des signes fait advenir l'espace du dedans, quand le reflet devient le lieu du réel...




"En 1992, pour passer de cette fascination au questionnement, comme une quête et un défi, j'ai, en imaginant leur portrait, tenté de représenter l'infigurable, chercher comment faire image de chairs qui aspirent à se désincarner, comment exprimer ces contradictions intenses, ces paradoxes spirituels et charnels, ces corps masqués et dévoilés traversés de plaisir et d'angoisse, de désir et de rejet. De cette recherche qui s'est développée durant plusieurs années parallèlement à d'autres réalisations, me reste aujourd'hui une centaine de dessins et de croquis préparatoires et les portraits en pied, grandeur nature, des sept qui m'ont le plus passionné: Marie-Madeleine, Hildegarde de Bingen, Angèle de Foligno, Catherine de Sienne, Thérèse d'Avila, Marie de l'Incarnation, Madame Guyon. Ces sept dessins- qui sont traversés d'une dynamique qui suggère un mouvement d'élévation- se reflètent dans un plan d'eau qui symétriquement les inscrit dans la profondeur. "




Ernest Pignon Ernest



"L'eau:fiction du transvasement entre l'être et l'Innomable intime, entre le milieu extérieur et 'l'organe' d'un intérieur sans organes, entre le Ciel du Verbe et le vide d'un corps féminin avide"


Julia Kristeva, Thérèse mon amour







Photographies, Chapelle Sainte Charles, Avignon 2008, site de Ernest Pignon Ernest, cliquez sur Extases.






*dans l'émission de Catherine Pont-Humbert sur  France Culture,
 A voix nue. Sur le site de Ernest Pignon Ernest,
 cliquez sur écouter dans Lire, écouter, voir,
 puis sur 2- Faire l'amour à l'amour même.




8.7.12

You are the Landscape. Mona Kuhn's Series Bordeaux



"Votre âme est un paysage choisi"
Verlaine, Clair de lune












Mona Kuhn, Maison N°1, Gelatin Silver Print, 96,5 x 182,8 cm 
2  Mona  Kuhn, Portrait 4Chromogenic Print, 38,1 x 38,1 cm,  
Mona  Kuhn, Paysage N°6, Gelatin Silver Print, 38,1 x 38,1 cm, 
Mona  Kuhn, Portrait 9, Chromogenic Print, 38,1 x 38,1 cm, 2011 

Mona Kuhn, Paysage N°4,  Gelatin Silver Print, 38,1 x 38,1 cm 
All photographies belong to Bordeaux Series, 2011, © La Galerie Particulière


Mona Kuhn was born in São Polo, Brazil. She is now living in Los Angeles but spends her summers in a French house in the countryside near Bordeaux. Nestled in a pine forest, the house is lit only by oil lamps and candles. The series Bordeaux is strongly connected to the house, its landsape, and particuliar light. "This series is really about the richness of the people in them. I photographed all of the portraits in the same room and the light that would fall in the room was between 5 and 7 pm. I always had people come over, either staying with me or stopping by to visit. I would ask them to please come over around 4:00 or 4:30." The idea of the series  came with the Bordeaux colour which represents for the artist sexuality and passion and timelessness. "The room had just that one chair. I shot two or three rolls of film of each person, carefully shooting slow and going one at a time. Some peopleI just photographed once, some people I photographed during the course of two or three summers." She paid much attention to the special quality of light in the house and its surroundings. "Over the years I’ve collected a few oil lamps at the little estates around the area. Some are really really old and gorgeous, some are from friends in Amsterdam, rural French oil lamps, and maybe Dutch with copper bottoms and fragile glass tops. I’ve used them before in the Evidence work. Towards the very end of the book there are a few images that are shot in the dark that have maybe a rim of light on the side of the person and that comes from an oil lamp. If I put two of them in the living room, by the time you turn on the third one, it’s too much." The poetic of the landscape and the intricate patterns of the skies and paths  around the house  matters very much to her. It projects on her models a maze like feeling that she tried to capture by confronting the motif of the  nude and the motif of the landscape. "They are landscapes I took of the region in-between the portraits, to inform a little bit about the area. When I had the beautiful light, I was photographing my friends. When it was raining, and there are a lot of summer thunderstorms that go though there, I would go out and photograph the thunderstorms. A couple of them are dramatic thunderstorms images and large clouds and high contrast, and some are of pathways that create this idea where this room is where all the people have gathered. So you have a little bit of a mazelike feeling with the landscapes that lead somewhere, but you don’t know where."*

*Quotes by Mona Kuhn taken from her conversation with Elizabeth Avedon, Mona Kuhn Talks to Elizabeth Avedon in La Lettre de la Photographie, France, Nov 2011.


Exposition à La Galerie Particulière du 31 mai au 11 août 2012
16 rue du perche 75003 Paris 


Bordeaux Series by Mona KuhnSteidl