Showing posts with label Marcel Duchamp. Show all posts
Showing posts with label Marcel Duchamp. Show all posts

18.2.13

Les surprises de la poste. Le fil rouge de la mercière ambulante


La profondeur d'un sommeil












Je me suis dit que Paris, où les murs et les quais, l'asphalte, les collections et les décombres, les grilles et le squares, les passages et les kiosques, nous apprennent une langue si singulière, devait nécessairement être le lieu où, dans la solitude qui nous étreint, absorbés que nous sommes dans ce monde d'objets, nos relations avec les êtres atteignent la profondeur d'un sommeil où les attend l'image de rêve qui leur révèle leur vrai visage.

 Walter Benjamin, Paris capitale du XIXeme siècle


Eric Hazan et Walter Benjamin accompagnent sans cesse mes déambulations parisiennes. 
Merci pour l'évocation du magnifique livre L'invention de Paris.





Depuis que nos fils se sont noués, La mercière ambulante m'a fait part à plusieurs reprises de problèmes techniques pour laisser un commentaire sur mon blog. Voici un mail qu'elle m'avait envoyé à la suite du billet sur L'invention de Paris de Eric Hazan. Ayant deviné mon adresse postale à Cologne, elle m'a envoyé ses voeux de nouvel an avec cette carte Easy-Made d'après Marcel Duchamp. Un bel hommage à Duchamp et une très belle forme de son travail toujours en réinvention et en mouvement. Parti de l'Orne le 7 janvier dernier, son enveloppe a erré, probablement dans la profondeur du sommeil des choses qui seules savent juger du moment juste pour se révéler; l'adresse quant à elle n'était pas en cause. Comme le Nouvel an chinois a commencé cette année le 10 février, ces voeux ne se sont pas fait trop attendre. Pour ma part, ce nouvel an lunaire qui célèbre le tout premier printemps me convient mieux que le nôtre. 









Marie France Dubromel, Porte-fil rouge Easy-Made, 2013. Photographie J'attends...
Anjali Weber, Bague en papier, poème en allemand,  pour DesignPavillon, Cologne






18.10.12

Egarements. L'innocence des objets.



"Everything you never wanted"
Luke Newton























1 Cerise Doucède, Les attachés, photographie installation, 2011
 2, 3,4 Cerise Doucède, Egarements, photographies installations, 2012 
5  Orhan  Pamuk, L'innocence des objets, Gallimard, 2012
6 Luke Newton, Sale, solo exhibition "Everything you never wanted", 
 Galerie Rabian Moussion, 2012


Les objets sont-ils innocents? De quoi est fait notre rapport aux objets du quotidien qui nous entourent? La relation n'est pas toujours aussi pacifiée et aussi lisse qu'elle n'y paraît.  Comment négocions-nous avec cette prolifération de divinités minuscules qui nous imposent leurs lois et leur tyrannie? Petits rituels, petits arrangements, tocs et conjurations en tout genre nous aident à tenir à distance les fantômes de nos peurs, de nos obsessions et de nos fantasmes. Quand le diable est dans les détails et que le dérisoire l'emporte sur l'essentiel... Dans son livre Les choses, Georges Pérec nous montrait l'aliénation d'un jeune couple à la matérialité dans une société du bonheur et du loisir, leur dissolution dans le vide et le plein de leurs aspirations à jamais frustrées, leur goût transformé en mythologie par la publicité. Tous les éléments du théatre de la société de consommation étaient en place. Aujourd'hui, Luke Newton se réfère à  Marcel Duchamp pour nous confronter à des objets devenus des icônes. Cerise Doucède met en scène des intallations photographiques qui montrent des portraits de personnages en proie à leurs démons du quotidien, assaillis par des objets qui  leurs sont devenus indispensables, menaçants, inutiles ou pesants. Ces objets deviennent le lieu de déplacement d'affects et constituent un artefact d'attachement qui les entrave.




Cerise Doucède
Exposition au Café de Flore à l'occasion du Parcours Saint Germain
du 16 octobre au 30 octobre 2012